Résumé
La présidente
de la République ayant décidé que tout élève doit accomplir une année de
service civique entre sa troisième et sa seconde, Valentin a posé ses vœux.
Malheureusement pour lui, ils n'ont pas été respectés et l'adolescent est
envoyé dans un centre pour personnes âgées atteintes d'Alzheimer, situé dans le
Pas-de-Calais, conçu pour ressembler à un village des années 1960.
Mon avis
Le nouveau
roman de Clémentine Beauvais me tentait depuis sa sortie : j’étais
curieuse de découvrir comment elle avait mis en place l’idée de reconstituer un
village des années 60 pour les personnes ayant l’Alzheimer. Je ressors ravie de
ma lecture, encore plus amoureuse de la chanson « Tous les garçons et les
filles » de Françoise Hardy, que j’adorais déjà tant.
Depuis quelques
années, les adolescents français sont obligés d’effectuer un service civique (Serci)
de 10 mois avant leur entrée au lycée. Malheureusement, Valentin, un Albigeois
de 15 ans, ne voit aucun de ses vœux respectés : il est envoyé dans
l’unité Mnémosyne de Boulogne-sur-Mer afin de s’occuper des personnes âges
atteintes d’Alzheimer. Mais cette unité est spéciale : on y a reconstitué
les époques dans lesquelles les patients étaient jeunes. Valentin se retrouve
dans le service des années 60/70, décennies dont il ne connaît absolument
rien ! Mais sur un malentendu, il va se passionner pour Françoise Hardy et
découvrir des missions et des personnes bien différentes de ce qu’il
imaginait…
« Y a-t-il
un rapport avec mon rapport ? Je pense que oui. Parce qu’il est question de
souvenirs, et qu’en écoutant Sola me raconter les siens, j’ai compris beaucoup
de choses. Par exemple : le pire dans la vie, ce n’est pas la disparition de
quelqu’un, une relation qui se délite, un lieu qu’on quitte. Tout cela continue
à exister, transmis de tête en tête et partagé autour d’un verre avec des
rires, quand on s’en souvient en commun. Le pire, c’est quand il n’y a personne
d’autre pour se rappeler tout ça, personne à part toi. »
Valentin est un
personnage haut en couleurs ! Au-delà de ses nombreuses angoisses qui
peuvent l’amener à se comporter étrangement, il est passionné par tout ce qu’il
fait et c’est très touchant de le voir s’impliquer autant pour le bien-être des
patients. J’ai adoré suivre son évolution durant ses 10 mois de Serci. Sa
naïveté première disparaît quelque peu, mais il reste un garçon rêveur. Les
personnages secondaires sont également attachants. On sent qu’ils forment tous
ensemble une famille. Une drôle de famille certes, mais une famille quand même.
Étant une
grande fan des chansons des années 60, autant vous dire que je me suis régalée
avec ce livre ! C’est une véritable ode à la culture des sixties et c’est
génial qu’elle soit ainsi mise en avant dans un livre jeunesse. Ce qui fait
l’originalité de ce roman est aussi et surtout sa forme : en effet, on
découvre l’histoire à travers le rapport de Serci que fait Valentin. Si au
départ, Valentin écrit dedans comme dans un rapport traditionnel, cela devient
vite plus personnel, comme un journal intime. Au début, j’ai eu du mal avec
cette façon de raconter l’histoire. J’avais du mal à plonger réellement dans
l’intrigue et à ressentir des choses pour les personnages. Heureusement, la
magie a fini par opérer. Toutefois, j’ai trouvé certains passages un peu trop longs
à certains moments. Et d’autres, balayés un peu rapidement.
Au-delà de ce
léger déséquilibre dans l’intensité des passages et de la narration à laquelle
je n’ai pas adhéré immédiatement, j’ai passé un super moment avec Age tendre.
Clémentine Beauvais a produit de nouveau un ouvrage original, touchant, que
l’on n’est pas prêts à oublier !

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